Cp film poster "jules and jim" jeanne moreau-francois truffaut

Cp film poster "jules and jim" jeanne moreau-francois truffaut

Regardez mes autre ventes sur le même thème

Voir SCANs pour vérifier l'état de la CP

Jules et Jim est un film français réalisé par François Truffaut adapté du roman du même nom de Henri-Pierre Roché, sorti en 1962Paris, avant la Première Guerre mondiale. Jim, un Français, et Jules, un Autrichien, sont des amis inséparables. Ils tombent amoureux de la même femme, Catherine, mais c'est Jules que Catherine épouse. Après la guerre, Jim rejoint le couple en Autriche. Catherine avoue qu'elle n'est pas heureuse avec Jules, lequel accepte que sa femme prenne Jim pour amant. Mais Catherine est éternellement insatisfaite et change sans cesse d'avis sur son choix amoureux.RésuméJules et Jim sont deux personnages très proches au début du film, leur relation fait même naître certaines rumeurs dans Paris. Toutefois, lorsqu'ils partent en vacances avec Catherine, les deux personnages deviennent distants et leur amitié cède place au trio, les deux hommes tombant amoureux de Catherine. Il existe une part de fatalité dans la première moitié du film, lorsque Jules avertit Jim que Catherine sera sa femme et qu'en conséquence il ne doit pas la séduire. Le spectateur prend immédiatement conscience de l'aspect tragique du film. S'ensuit une période trouble durant la Première Guerre mondiale où Catherine prend des amants et s'éloigne des deux amis hantés par la peur de se tuer l'un l'autre au combat. Après l'Armistice, la complicité entre Jim et Catherine devient croissante, ils en viennent à désirer un enfant. Toutefois, le couple qu'ils forment ne dérange pas Jules, celui-ci promettant d'aimer Catherine quoi qu'il advienne. La fougue et la passion liant les deux amants s'estompe et laisse place à un climat tendu et orageux où Catherine menace de tuer Jim. Le pire ne peut être évité : elle se donne la mort avec celui-ci en empruntant un pont détruit au volant de sa nouvelle automobile et en négligeant de freiner à l'extrémité de la chaussée. L'auto chute à pic plutôt qu'elle ne donne l'impression de prendre son envol, ce qui rend cet instant encore plus pesant. Jules assiste impuissant à la catastrophe.Fiche techniqueProduction : Marcel BerbertRéalisation : François TruffautScénario : François Truffaut, Jean Gruault, d'après le roman d'Henri-Pierre RochéPhoto : Raoul CoutardPhotographe de plateau : Raymond CauchetierDécors : Fred CapelSon et script : Florence MalrauxMusique : Georges Delerue ; la chanson Le Tourbillon est de Cyrus Bassiak (pseudonyme de Serge Rezvani).Montage : Claudine BouchéFormat : Film noir et blanc 35 mm procédé FranscopeGenre : drameDate de sortie : Drapeau de la France France : 23 janvier 1962Durée : 102 minutesDistributionJeanne Moreau : CatherineOskar Werner : Jules, l'AutrichienHenri Serre : Jim, le FrançaisMarie Dubois : ThérèseCyrus Bassiak (Serge Rezvani) : Albert, le guitaristeSabine Haudepin : SabineAnnie Nelsen : LucieVanna Urbino : GilberteMichel Subor : voix du narrateurRécompenses1962 :Grand Prix de l'académie du cinémaPrix de la mise en scène au festival de Mar del Plata1963 :Ruban d'argent décerné par le syndicat national italien des journalistes de filmMeilleur film européen aux Bodil AwardsTournage et lieuxLe vieux pont sur la Seine, entre Limay et Mantes-la-Jolie (Yvelines) ; les arches restantes sont côté Limay.Le tournage du film débute en avril 1961.Le chalet, au bord du Rhin en Autriche dans le récit, où Jim rejoint Jules et Catherine, est en fait le refuge Sihlbach du Molkenrain[réf. nécessaire].Le cimetière militaire que Jim visite avant de rendre visite à Jules et Catherine est le cimetière du Vieil-Armand (Hartmannswillerkopf), situé dans le Haut-Rhin[réf. nécessaire].La passerelle de Valmy, qui se trouve au bout de la rue de Valmy et enjambe les voies ferrées, à Charenton-le-Pont, a servi de décor lors de la célèbre scène de course entre les trois protagonistes. Elle a été reconstruite depuis et n'arbore plus le grillage fermé visible dans le film.Le moulin dans lequel vivent Catherine et Jules est le moulin d'Andé situé dans l'Eure.La scène de la voiture a été tournée sur le vieux pont de Limay à Mantes-la-Jolie (Yvelines)1.La séquence de la petite promenade à un barrage et à son lac dans la brume a été tournée au lac de la Lauch. Le parapet du barrage a été refait depuis le tournage du film2.Musique du filmLa musique du film a été composée par Georges Delerue. Excepté la chanson Le tourbillon de la vie, qui est une chanson écrite et composée par Serge Rezvani (paroles et musique).Serge Rezvani joue le personnage d'Albert, qui dans le film écrit la chanson Le Tourbillon pour Catherine. Serge Rezvani avait en fait écrit cette chanson quelques années plus tôt, en référence justement au couple que formaient Jeanne Moreau et son compagnon de l'époque Jean-Louis Richard (qui, dans le film, joue le client du café), et qui était aussi le meilleur ami de Serge dans la vie3.AnalyseAdaptationJules et Jim constitue un parti pris esthétique de François Truffaut. Plutôt que de remplacer les scènes difficilement adaptables du roman par des scènes équivalentes, procédé qu'il avait dénoncé dans un article célèbre Une certaine tendance du cinéma français4, François Truffaut a préféré faire lire en voix off des passages du roman de Henri-Pierre Roché par Michel Subor. Ce procédé permet de rendre à l'écran la saveur littéraire du roman.Plusieurs éléments ont été modifiés entre le roman et le film :Le personnage de Kathe devient Catherine et elle passe de la nationalité allemande dans le roman à la nationalité française dans le film.Dans le roman, Kathe a deux enfants alors qu'elle n'a qu'une fille dans le film.Références à Pablo PicassoFrançois Truffaut a placé dans le film treize reproductions de tableaux de Pablo Picasso (L'Étreinte dans la mansarde, Famille d'acrobates avec singe, Jeune fille à la mandoline, Étude pour les bateleurs - jeune fille avec chien, Au Lapin agile, Femme nue assise, Compotiers, verres, bouteilles, fruits, L'Italienne, Les Deux Saltimbanques au café, Pierrot, L'Arlequin assis, Les Amoureux, Mère et enfant). D'après Martin Lefèbvre, les tableaux de Picasso sont à la fois des marqueurs temporels dans un film dont l'action se déroule sur plus de 20 ans sans que les personnages ne portent de marque de vieillissement et des indices reflétant l'état d'esprit ou les transformations des personnages au premier plan. Par exemple, au début du film, François Truffaut place dans l'appartement de Jules L'Étreinte dans la mansarde reflétant ainsi son désir de trouver la compagnie d'une femme, et dans l'appartement de Jim Famille d'acrobates avec singe reflétant son caractère plus volage, proche du saltimbanque. De même, dans la scène où Jim attend Catherine dans un café, on aperçoit en arrière-plan le tableau de Picasso Au Lapin agile : Arlequin au verre qui représente un Arlequin semblable à Pablo Picasso et Germaine Gallo qui avait la réputation d'être une femme fatale dont Carlos Casagemas fut éperdument amoureux5.Remake de Sérénade à trois d'Ernst LubitschFrançois Truffaut vouait un véritable culte au film Sérénade à trois :« Prenez Sérénade à trois de Lubitsch, par exemple. Avant, s'il passait quelque part, j'y allais ; sachant que je devrais attendre peut-être deux ans avant de pouvoir le revoir. Depuis il m'arrive de le visionner trois fois dans la même semaine. »— Claude Berri, citant les propos de François TruffautLe canevas de base de Sérénade à trois est le même que celui de Jules et Jim : deux amis tombent amoureux de la même femme. Mais là où Lubitsch a signé une comédie, Truffaut réalise un drame. Lubitsch qui devait faire avec le code Hays en dit beaucoup moins que Truffaut (pas d'enfant, pas de scène de lit, pas d'autres amants ou maîtresses...) ; son film se termine aussi dans une voiture mais par un happy end : les trois amoureux sont réunis et continuent à vivre ensemble.Autour du filmPour son roman, Henri-Pierre Roché puise dans une veine largement autobiographique : Jim (ici, Henri Serre), c'est lui, ou presque; et Jules (Oskar Werner) et Kathe (dans le livre) / Catherine (Jeanne Moreau) sont directement inspirés par l'écrivain allemand (autrichien dans le livre) Franz Hessel et Helen Grund (Berlinoise, fille d'un banquier prussien protestant), parents de Stéphane Hessel, normalien, résistant et diplomate né à Berlin en 1917 (comme il l'a confirmé lui-même dans certains de ses écrits publiés6 et des interviews7).Ce n'est en fait qu'après le décès d'Helen Hessel (née Grund), morte en 1982 à l'âge de 96 ans, que fut révélée publiquement l'identité des personnes ayant inspiré ce célèbre trio, en particulier dans les carnets de Henri-Pierre Roché intitulés Carnets, Les années Jules et Jim, Première partie, 1920-1921, carnets publiés en 1990 avec une préface de François Truffaut, ou encore par la publication en 1996 de certaines des lettres d'Helen Hessel à Henri-Pierre Roché dans les Lettres d'Helen, lettres à Henri-Pierre Roché, 1920-1921.« Jules et Jim est un hymne à la vie et à la mort, une démonstration par la joie et la tristesse de l'impossibilité de toute combinaison amoureuse en dehors du couple », écrivait Truffaut un an avant le tournage.Les coulisses du film ont fait l’objet d’un documentaire réalisé en 2009 par Thierry Tripod8.Références au cinémaEn 1980, Paul Mazursky a réalisé Willie et Phil (en) où il rend un hommage appuyé à Jules et Jim pour évoquer la révolution sexuelle des années soixante et soixante dix. Le scénario révèle en fin de compte combien cette seconde révolution sexuelle moderne, qui a touché un nombre de gens beaucoup plus important que la jeunesse cosmopolite du Montparnasse des années vingt, a été inversement bien moins subversive et plus fade que celle qu'a décrite François Truffaut[réf. souhaitée].Le film est évoqué dans le film The Bubble d'Eytan Fox : Noam dit à Lulu, sur leur route vers Naplouse : « Tu es Jeanne Moreau, je suis Jules, nous allons retrouver Jim et mourir d'amour »Le film est évoqué dans Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy. Solange ouvre la porte et découvre les forains, elle leur dit en s'amusant « voilà Jules et Jim ».Avant même sa sortie en 1962, le film est évoqué dès 1961 dans le film Une femme est une femme de Jean-Luc Godard. Alfred, personnage incarné par Jean-Paul Belmondo, croise Jeanne Moreau dans un café et lui demande si « ça marche avec Jules et Jim » ; l'actrice répond « moderato », allusion cette fois-ci à un film de Peter Brook sorti en 1960 et inspiré d'un roman de Marguerite Duras, Moderato cantabile, où Jeanne Moreau tient le premier rôle aux côtés de Jean-Paul Belmondo.Le film est évoqué dans la série, Queer as Folk (version US), saison 2.Le film est évoqué à plusieurs reprises dans le film, Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain.Références en musiqueLe groupe anglais Groove Armada a utilisé des passages du film pour l'introduction de son titre Shameless avec Bryan Ferry : « Je m'empare de toi mon amour [...] je te presse absolument nue contre moi. »Notes et références↑ Mise en scène de François Truffaut (au fond, la tour Saint-Maclou, à Mantes). [archive]↑ Office de tourisme de Guebwiller, d'après une ancienne carte postale d'un collectionneur.↑ Il était une fois… Jules et Jim de Thierry Tripod, dans la série documentaire de Serge July et Marie Genin sur Arte↑ François Truffaut, Le Plaisir des Yeux, Champs Flammarion.↑ Martin Lefèbvre, « Truffaldinho/Picasso », dans Truffaut et ses doubles, Vrin, 2013, p. 37-38↑ Danse avec le siècle, autobiographie de Stéphane Hessel parue au Seuil en 1997↑ France-Inter, émission de Vincent Josse, 5 février 2010, La bibliothèque de Stéphane Hessel↑ Présentation du documentaire sur les coulisses du tournage de Jules et Jim sur Eurochannel.jeanne Moreau est une actrice, chanteuse et réalisatrice française, née le 23 janvier 1928 à Paris et morte dans la même ville le 31 juillet 20171.Elle a joué dans plus de 130 films — dont Ascenseur pour l'échafaud, Les Amants, Moderato cantabile, Jules et Jim, Eva, Le Journal d'une femme de chambre, Viva María!, La mariée était en noir, La Vieille qui marchait dans la mer... —, sous la direction de grands réalisateurs comme Luis Buñuel, Theo Angelopoulos, Wim Wenders, Rainer Werner Fassbinder, Michelangelo Antonioni, Joseph Losey, Orson Welles, François Truffaut, Louis Malle, André Téchiné, Bertrand Blier, etc.Elle est la première femme élue à l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France (en 2000 au fauteuil créé en 1998 dans la section Création artistique pour le cinéma et l'audiovisuel) et en 1992, elle obtient le César de la meilleure actrice pour La Vieille qui marchait dans la mer, suivi de deux César d'hOnneur en 1995 et en 2008.En 1998, l'Académie américaine des arts et des sciences du cinéma lui décerne un Oscar d'honneur.Le père de Jeanne Moreau, Anatole-Désiré Moreau2, né à Mazirat dans l'Allier, fils d'un huilier, est le gérant de la brasserie À la cloche d'or, au coin de la rue Fontaine et de la rue Mansart à Paris. Sa mère, Kathleen Buckley, née à Blackpool (Lancashire, Angleterre) et fille d'un marin-pêcheur, est danseuse aux Folies Bergère et rejoindra plus tard la troupe de Joséphine Baker.Après avoir passé une partie de son enfance à Vichy3 et à Mazirat4, la comédienne achève ses études secondaires à Paris et commence à suivre, à l'insu de ses parents, les cours de théâtre de Denis d'Inès, alors doyen de la Comédie-Française. En 1946, elle entre dans sa classe comme auditrice, au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris.Débuts au théâtreJeanne Moreau et Amos Gitai, tournage de Plus tard tu comprendras en 2008.Début 1947, elle passe le concours d'entrée au Conservatoire tout en jouant un petit rôle dans Le Lever de soleil. En septembre 1947, elle participe au premier festival d'Avignon avec de brèves apparitions dans trois pièces (elle joue notamment la suivante de la reine (Léone Nogarède) dans Richard II). De retour au « Français », elle obtient, en décembre 1947, le rôle de Joas dans Athalie.Pensionnaire de la Comédie-Française, c'est à la suite de la publication d'une photo d'elle dans la pièce Un mois à la campagne que son père la chasse de la maison familiale. Elle se fait réellement remarquer en 1950 dans Les Caves du Vatican d'André Gide, mise en scène par Jean Meyer, où elle joue la petite prostituée. Ce rôle lui vaut la couverture de Paris Match et les félicitations de Paul Léautaud. Par la suite, elle incarne de nouveau un personnage de prostituée dans une reprise d'Othello, avec Aimé Clariond dans le rôle-titre ; à cette occasion Orson Welles, qui prépare l'adaptation cinématographique de la pièce, la remarque.Démissionnant de la Comédie-Française en 1952, elle rejoint le TNP de Jean Vilar, se produit au Festival d'Avignon où elle joue le rôle de l'infante dans le Cid, avec Gérard Philipe, alors qu'elle aurait voulu celui de Chimène. En 1952, elle revient au festival avec le rôle de Nathalie d'Orange dans Le Prince de Hombourg, mais y est mal à l'aise et accepte, sur le conseil de Gérard Philipe, la proposition du Théâtre Antoine pour jouer dans la pièce L'Heure éblouissante d'Anna Bonacci (mise en scène de Fernand Ledoux), un rôle, encore une fois, de prostituée. Lors de cette pièce, elle rencontre l'écrivain Blaise Cendrars.CinémaElle obtient ses premiers rôles au cinéma dans Meurtres de Richard Pottier en 1950, puis dans Touchez pas au grisbi de Jacques Becker en 1954. La même année, elle est une très sensuelle et frivole Reine Margot pour Jean Dréville.En 1956, alors qu'elle joue dans la pièce La Chatte sur un toit brûlant, elle rencontre Louis Malle qui prépare le film Ascenseur pour l'échafaud et le scénariste Roger Nimier qui lui présente Paul Morand. Cette œuvre révèle toute la subtilité de son jeu et Les Amants, qui fait scandale lors de sa sortie, lui donne l'image d'une héroïne moderne.Pour Roger Vadim, elle incarne un avatar de la marquise de Merteuil auprès de son compère de toujours Gérard Philipe dans Les Liaisons dangereuses 1960, transposition contemporaine du roman de Choderlos de Laclos. Elle obtient le Prix d'interprétation féminine du Festival de Cannes 1960 pour Moderato cantabile de Peter Brook, d'après Marguerite Duras.En 1961, Michelangelo Antonioni lui confie le premier rôle de La Nuit aux côtés de Marcello Mastroianni et de Monica Vitti. Eva de Joseph Losey, Le Procès d'Orson Welles et La Baie des Anges de Jacques Demy confirment sa réputation de comédienne exigeante et rigoureuse, prête à mettre son talent au service d'œuvres ambitieuses et de metteurs en scène audacieux.1962 marque un tournant dans la carrière de Jeanne Moreau avec le film Jules et Jim de François Truffaut qu'elle avait déjà rencontré en 1958 lors du Festival de Cannes en compagnie de Henri-Pierre Roché, l'auteur, qui mourra peu après. Le producteur Jacques Canetti sort la bande originale du film Le Tourbillon qu'elle interprète dans le film avec Serge Rezvani à la guitare. Le succès du film et de la bande originale est immédiat.À la suite de l'énorme succès rencontré par cette œuvre, elle lie connaissance avec l'écrivaine Anaïs Nin qui la veut pour incarner son héroïne dans le film L'Espionne dans la maison de l'amour, tiré d'un de ses romans5. Finalement, le film ne se fait pas mais une solide amitié est née. Elle part ensuite en Californie pour jouer dans une série de films et, lors d'une soirée, Anaïs Nin lui présente l'écrivain Henry Miller, son compagnon d'alors, qui lui dit un jour : « Surtout, ne dites jamais aux gens avec qui vous travaillez, que nous sommes amis, votre réputation serait fichue ». Elle se lie aussi d'amitié avec Tennessee Williams et Peter Brook.L'affiche de Falstaff (1965) d'Orson Welles.En 1965, elle tourne en anglais dans Falstaff, de son ami Orson Welles.Dès lors, elle ne cesse d'être sollicitée par de grands réalisateurs : Luis Buñuel (Le Journal d'une femme de chambre), Tony Richardson (Mademoiselle, Le Marin de Gibraltar) Bertrand Blier (Les Valseuses), Elia Kazan (Le Dernier Nabab), André Téchiné (Souvenirs d'en France), Rainer Werner Fassbinder (Querelle), Michel Deville (Le Paltoquet), Theo Angelopoulos (Le Pas suspendu de la cigogne), Wim Wenders (Jusqu'au bout du monde, Par delà les nuages coréalisé avec Antonioni) ou plus récemment Amos Gitaï (Désengagement, Plus tard tu comprendras).Elle a retrouvé Truffaut dans un drame policier adapté de William Irish : La mariée était en noir en 1968 et avait également retourné avec Louis Malle trois ans auparavant dans Viva María ! où elle donnait la réplique à Brigitte Bardot. Pour sa prestation, elle avait d'ailleurs remporté un BAFTA en 1967. Losey a aussi fait de nouveau appel à elle pour Monsieur Klein et La Truite.Encouragée par Orson Welles, elle passe à la réalisation avec Lumière en 1976 et L'Adolescente en 1979.En 1977, elle part vivre à New York et découvre le livre Solstice de Joyce Carol Oates, une histoire d'amitié entre deux femmes. Jeanne Moreau veut en faire son troisième film, après Lumière et L'Adolescente. Elle écrit le scénario avec l'auteur du livre, mais les Studios Walt Disney, qui sont contactés comme producteurs éventuels, refusent finalement, considérant qu'il s'agit d'une histoire déguisée de lesbiennes, du fait, dans le scénario, de la relation ambiguë entre les deux femmes.Jean-Pierre Mocky révèle ses talents comiques en 1987 dans Le Miraculé avec Michel Serrault et Jean Poiret, et La Vieille qui marchait dans la mer — l'adaptation d'un roman de Frédéric Dard par Laurent Heynemann — lui vaut le César de la meilleure actrice en 1992.Retour au théâtre et télévisionJeanne Moreau est souvent revenue au théâtre et toujours avec des prestations mémorables comme en 1973 dans La Chevauchée sur le lac de Constance de Peter Handke. Alors qu'elle joue dans cette pièce, elle rencontre et se lie d'amitié avec Patricia Highsmith, qui vit près de Fontainebleau. En 1986, elle triomphe dans Le Récit de la servante Zerline d'Hermann Broch pour lequel elle obtient de nombreuses distinctions dont un Molière. En 1989, elle revient au festival d'Avignon dans le rôle-titre de La Célestine, de Fernando de Rojas.Pour la télévision, elle collabore notamment avec Jean Renoir (Le Petit Théâtre de Jean Renoir), Jacques Doillon (L'Arbre) et de nombreuses fois avec Josée Dayan (Balzac, Les Misérables, Les Parents terribles, Les Rois maudits). La réalisatrice lui offre d'ailleurs, pour le grand écran, le rôle de son amie Marguerite Duras dans Cet amour-là, d'après le témoignage du dernier compagnon de l'auteure.Jeanne Moreau reçoit des mains de Sharon Stone, en 1998, un hommage de l'Académie des Oscars pour l'ensemble de sa carrière. Il s'agit de la plus haute distinction délivrée par cette académie pour une comédienne internationale, en reconnaissance de sa contribution à l'histoire du cinéma.Avec Juliette Binoche en 2009.Elle a également interprété de nombreuses chansons en français, écrites principalement par Serge Rezvani, Géo Norge, Elsa Triolet et Marguerite Duras (India Song). Certaines, inspirées par la musique brésilienne, furent composées par Antoine Duhamel sur ses propres textes.Elle est la seule comédienne à avoir présidé deux fois le jury du Festival de Cannes : en 1975 et en 1995. Elle y a aussi été plusieurs fois maîtresse de cérémonie. Elle a également présidé l'Académie des Césars de 1986 à 1988.La filmographie de Jeanne Moreau a toujours laissé une place importante à la jeune génération de cinéastes européens. De fait, elle participe activement depuis 2003, d'abord, cette année-là, comme présidente du jury, puis comme marraine fidèle, au Festival international des jeunes réalisateurs Premiers Plans d'Angers6. Elle assure elle-même la direction artistique du festival, proposant, les années suivantes, des rétrospectives (Louis Malle, Ingmar Bergman) et retourne régulièrement à Angers où, en 2005, en parallèle au festival Premiers Plans, elle crée une école de cinéma, Les Ateliers d'Angers, qui est une main tendue à la relève. Chaque année depuis lors, cette formation accueille une vingtaine de jeunes réalisateurs européens en quête de perfectionnement en techniques cinématographiques, afin de passer du court métrage au long métrage.En 2006, elle interprète le rôle de Laurence dans le Roméo et Juliette d'Yves Desgagnés.Jeanne Moreau et Étienne Daho, en concert à la Salle Pleyel en 2008.ChansonsSa carrière en tant que chanteuse démarre avec deux albums originaux de Serge Rezvani (alias Cyrus Bassiak) en 1963 et 1967, dont le fameux J'ai la mémoire qui flanche et Tout morose (accompagnée par Elek Bacsik à la guitare, et Michel Gaudry). En 1975, elle enregistre le single India song (musique de Carlos D'Alessio, paroles de Marguerite Duras et arrangements de Karel Trow) dont la face b, Rumba des iles est un dialogue entre elle-même et Marguerite Duras. D'autres albums suivront dont, en 1981, l'album sur des textes du poète belge Norge (le nombril, Pas bien, etc.), toujours enregistré par Jacques Canetti. En 2010, elle enregistre avec Étienne Daho l'intégrale du Condamné à mort, long poème de Jean Genet, à l'occasion du centenaire de l'anniversaire de naissance de l'écrivain et revient à Avignon en juillet 20117 pour lire encore une fois ce texte, toujours chanté par Etienne Daho sur une musique d'Hélène Martin8.En 2011 elle chante en duo avec Christian Olivier le single Emma, intégré à l'album L'an Demain des Têtes Raides.En 2014, elle est membre du comité de soutien à la candidature d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris9.DécèsTombe de Jeanne Moreau au cimetière de Montmartre (division 21).Jeanne Moreau est retrouvée morte par sa femme de ménage au matin du 31 juillet 2017, dans son appartement parisien du square du Roule, rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris10,11.Elle est inhumée dans l'intimité, au cimetière de Montmartre à Paris12.Postérité : la fondation Jeanne MoreauSelon ses volontés testamentaires, l’actrice a légué l’ensemble de ses biens, ainsi que la propriété de ses droits d’auteur et moraux et sur l’œuvre de sa vie, au "Fonds Jeanne Moreau", créé en octobre 201713,14.Le 11 novembre 2017, la "Fondation Jeanne Moreau" est créée14. Elle a pour mission de soutenir le cinéma et le théâtre, d'en favoriser l'accès aux enfants. À terme, un prix Jeanne Moreau pourrait également être créé pour récompenser les jeunes cinéastes de talent. L'annonce de cette création se fait officiellement lors d'une soirée organisée en sa mémoire, le 4 décembre 2017 au Théâtre de l'Odéon, à Paris14. Quelques grands noms y participent (Pedro Almodovar, Costa Gavras, la ministre de la Culture Françoise Nyssen ou encore François Ozon).Le chanteur Etienne Daho est désigné par l’actrice comme administrateur et ambassadeur. Le fonds est présidé par l’avocat Robert Guillaumond15, aidé du diplomate Hugues Goisbault.Vie privéeJeanne Moreau a été mariée deux fois. En 1949, elle épouse le comédien et réalisateur français Jean-Louis Richard et accouche le lendemain de leur mariage, le 28 septembre 1949, de leur fils Jérôme16. Elle divorce en 1951 mais Jean-Louis Richard la dirige néanmoins après leur séparation dans Mata Hari et Le Corps de Diane.Après avoir évité à la dernière minute de se marier avec Teodoro Rubanis en 196617, elle convole en secondes noces en 1977 avec le réalisateur américain William Friedkin, auteur de L'Exorciste et de French Connection (leur union durera quatre ans).Vers 1995, ayant lu Le Livre tibétain de la vie et de la mort de Sogyal Rinpoché, elle assiste à ses conférences et s’intéresse au bouddhisme18.Une séductriceGrande séductrice au cinéma, Jeanne Moreau a dit concernant sa vie sentimentale :« J’ai séduit beaucoup d’hommes. J’ai toujours été vers des hommes qui avaient du talent. Je n’ai pas eu des amants pour avoir des amants19. »Le chanteur Sacha Distel raconte :« Un jour, j’enchaînais les morceaux, tête dans les cordes comme pour mieux oublier mes soucis, et lorsque j’ai relevé la tête, une superbe brune était là et m’a jeté un regard assassin. Le tout avant de sortir, sans un mot, au bras d’un type avec lequel elle avait l’air de s’ennuyer sec. “C’est Jeanne Moreau”, m’a glissé le barman. J’ai trouvé son numéro (grâce à tonton Raymond), que je formai aussitôt sur mon cadran. Elle m’accueillit par cette phrase : “J’attendais votre appel.” J’ai craqué dès le premier soir. Il y avait de quoi. Jeanne était une sorte de tornade, l’amoureuse dont tout jeune homme rêve20. »Plus connues sont ses liaisons, avec le couturier Pierre Cardin durant cinq années, avec les cinéastes Louis Malle21 et Tony Richardson qui quitte Vanessa Redgrave pour elle, ou encore le producteur Raoul Lévy22.Brigitte Bardot, dans le premier tome de ses mémoires, lui prête aussi une aventure avec l'acteur américain George Hamilton, pendant le tournage de Viva Maria ! au Mexique.Quant à Georges Moustaki, tout juste s’enorgueillit-il d’avoir tenu Jeanne Moreau dans ses bras. « Elle m’a accordé ses faveurs pendant quelques mois idylliques », rapporte-t-il. Lassée de ses infidélités, elle l’a quitté et ne lui a plus adressé la parole pendant trente-cinq ans23.Hommages et distinctionsJeanne Moreau à la Cinémathèque française le 6 février 2008 à l'occasion de son 80e anniversaire.1980 : Officier de la Légion d'honneur Officier de la Légion d'honneur242007 : Commandeur de l'ordre national du Mérite Commandeur de l'ordre national du Mérite252012 : Grand officier de l'ordre national du Mérite Grand officier de l'ordre national du Mérite26Elle reçoit en 1998, des mains de Sharon Stone, un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. La récompense est remise lors d'une soirée, en parallèle de la cérémonie officielle.En 2008, à l'occasion de ses quatre-vingts ans et de ses soixante ans passés sur le grand écran, de nombreux hommages lui sont rendus, notamment au Festival Premiers Plans d'Angers et à la Cinémathèque française. Après avoir reçu un César d'honneur en 1995, elle reçoit un Super César d'honneur lors des Césars 2008, pour consacrer sa carrière.La 43e cérémonie des César se déroulant en mars 2018 est dédiée à Jeanne Moreau qui emprunte ses traits sur son affiche officielle.FilmographieActriceAnnées 19401949 : Dernier Amour de Jean Stelli : MichèleAnnées 19501950 : Meurtres ? de Richard Pottier : Martine Annequin1950 : Pigalle-Saint-Germain-des-Prés d'André Berthomieu : Paquerette1951 : Avignon, bastion de Provence, court-métrage de Jean Cuenet (rôle ?)1951 : L'Homme de ma vie de Guy Lefranc : Suzanne Dubreuil, la fille de Madeleine1952 : Il est minuit, Docteur Schweitzer d'André Haguet : Marie Winter1952 : Dortoir des grandes d'Henri Decoin : Julie, la serveuse1953 : Julietta de Marc Allégret : Rosie Facibey1953 : Touchez pas au grisbi de Jacques Becker : Josy, la petite amie de Riton1954 : La Reine Margot de Jean Dréville : Marguerite de Valois1954 : Secrets d'alcôve d'Henri Decoin : Jeanne Plisson dans le sketch : Le billet de logement1954 : Les Intrigantes d'Henri Decoin : Mona Rémi1955 : Gas-oil de Gilles Grangier : Alice, l'institutrice et compagne de Jean1955 : Les Hommes en blanc de Ralph Habib : Marianne Déjazet1955 : M'sieur La Caille d'André Pergament : Fernande, une respectueuse1956 : Le Salaire du péché de Denys de La Patellière : Angèle Ribot1956 : Jusqu'au dernier de Pierre Billon : Gina, la danseuse1957 : Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle, avec ce film qui reçut le prix Louis-Delluc, elle accède au statut de star.1957 : Les Louves ou Démoniaque de Luis Saslavsky : Agnès Vanaux1957 : Trois jours à vivre de Gilles Grangier : Jean Fortin1957 : L'Étrange Monsieur Steve de Raymond Bailly : Florence, la femme de M. Steve1957 : Échec au porteur de Gilles Grangier : Jacqueline Tourieu1957 : Le Dos au mur d'Édouard Molinaro : Gloria Decret1958 : Les Amants de Louis Malle : Jeanne Tournier1959 : Les Liaisons dangereuses 1960 de Roger Vadim : Juliette Valmont/de Merteuil1959 : Les Quatre Cents Coups de François Truffaut : la jeune femme au petit chien, apparitionAnnées 19601960 : Cinq femmes marquées (Five Branded Women), (Jovenka e le altre) de Martin Ritt : Ljuba1960 : Moderato cantabile de Peter Brook : Anne Desbarèdes1960 : Le Dialogue des Carmélites de Philippe Agostini et Raymond Leopold Bruckberger : Mère Marie de l'incarnation1961 : La Nuit (La Notte) de Michelangelo Antonioni : Lidia1961 : Une femme est une femme de Jean-Luc Godard : Une femme au bar, apparition1962 : Jules et Jim de François Truffaut : Catherine + la chanson Le tourbillon1962 : Eva (Eva) de Joseph Losey : Eve Olivier1962 : Le Procès d'Orson Welles : Mlle Marika Burnstner1963 : La Baie des Anges de Jacques Demy : Jackie Demaistre1963 : Le Feu follet de Louis Malle : Jeanne1963 : Peau de banane de Marcel Ophüls : Cathy1963 : Les Vainqueurs (The Victors) de Carl Foreman : Une femme française1964 : Le Journal d'une femme de chambre de Luis Buñuel : Célestine, la femme de chambre1964 : Le Train (The Train) de John Frankenheimer : Christine1964 : La Rolls-Royce jaune (The Yellow Rolls-Royce) d'Anthony Asquith : La marquise de Frinton1964 : Mata Hari de Jean-Louis Richard : Margaretha Geertruida « Grietje » Zelle, dite « Mata Hari », agent d'espionnage1965 : Viva María! de Louis Malle : Maria 1 + chansons : Ah ! les petites femmes de Paris, Paris, Paris1965 : Falstaff (Chimes at Midnight) d'Orson Welles : Doll Tearsheet1966 : Mademoiselle de Tony Richardson : Mademoiselle1967 : Le Plus Vieux Métier du monde de Philippe de Broca : Mademoiselle Mimi dans le sketch éponyme1967 : Le Marin de Gibraltar (The Sailor from Gibraltar) de Tony Richardson : Anna1968 : La mariée était en noir de François Truffaut : Julie Kohler1968 : Une histoire immortelle (The Immortal Story) d'Orson Welles : Virginie Ducrot1968 : La Grande Catherine (Great Catherine) de Gordon Flemyng : La grande Catherine1969 : Le Corps de Diane de Jean-Louis Richard : DianeAnnées 19701970 : Dead Reckoning - The Deep, Direction Toward Death - Film inachevé d'Orson Welles : Ruth Warriner1970 : Monte Walsh de William A. Fraker : Martine Bernard1970 : Le Petit Théâtre de Jean Renoir de Jean Renoir : La chanteuse dans le sketch : Quand l'amour meurt - Film pour la télévision sorti en salles.1970 : Alex in Wonderland de Paul Mazursky : elle-même1970 : Henri Langlois - court métrage, documentaire - de Roberto Guerra et Elia Hershon : elle-même1971 : Comptes à rebours de Roger Pigaut : Madeleine1971 : The Other Side of the Wind - Film resté inachevé - d'Orson Welles : apparition1971 : Côté cours, côté champs - court métrage - de Guy Gilles : La femme avec le petit chien1972 : L'Humeur vagabonde d'Édouard Luntz : Myriam Bingeot1972 : Chère Louise de Philippe de Broca : Louise1972 : Absences répétées de Guy Gilles : Apparition + Chansons1973 : Jeanne la Française (Joanna Francesa) de Carlos Diegues : Jeanne, la Française271973 : Je t'aime de Pierre Duceppe : Elisa Boussac1973 : Nathalie Granger de Marguerite Duras : L'autre femme1974 : Les Valseuses de Bertrand Blier : Jeanne Pirolle1974 : La Race des seigneurs de Pierre Granier-Deferre : Renée Vibert1974 : Une légende, une vie : Citizen Welles - documentaire - de Maurice Frydland : Apparition1975 : Le Jardin qui bascule de Guy Gilles : Maria + musique1975 : Hu-Man de Jérôme Laperrousaz : Sylviana1975 : Souvenirs d'en France d'André Téchiné : Berthe1976 : Lumière de Jeanne Moreau : Sarah + scénario et dialogue.1976 : Monsieur Klein de Joseph Losey : Florence1976 : Le Dernier Nabab (The Last Tycoon) d'Elia Kazan : Didi1976 : Chroniques de France : Jeanne Moreau - court métrage, documentaire - de Renaud de Dancourt : elle-mêmeAnnées 19801980 : Chansons souvenirs - court métrage - de Robert Salis : apparition1981 : Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (Your ticket is not longer valid) de George Kaczender : Lily Marlène, la tenancière de maison close1981 : Plein sud de Luc Béraud : Hélène1982 : Mille milliards de dollars d'Henri Verneuil : Mme Benoit-Lambert1982 : La Truite de Joseph Losey : Lou1982 : Querelle (Querelle - Ein Pakt mit dem Teufel, tiré du roman Querelle de Brest) de Rainer Werner Fassbinder : Lysiane1982 : Der Bauer von Babylon - court métrage, documentaire - de Dieter Schidor : elle-même1983 : Lillian Gish (A Salute to Lillian Gish) - documentaire inédit en France - de Jeanne Moreau : seulement la réalisation1983 : Jean-Louis Barrault, un homme de théâtre - documentaire - de Muriel Balasch : elle-même1985 : François Simon, la présence - documentaire - d'Ana Simon et Louis Mouchet : apparition1986 : Sauve-toi, Lola de Michel Drach : Marie-Aude Schneider1986 : Le Paltoquet de Michel Deville : la tenancière1987 : Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky : Sabine dite « La major » + chansons1987 : Remake d'Ansano Giannarelli : elle-même1988 : La Nuit de l'océan d'Antoine Perset : Hélène Sauveterre1989 : Jour après jour d'Alain Attal : Janine Weisman1989 : Orson Welles, stories from a life in film - documentaire - de Leslie Megahey : apparitionAnnées 19901990 : Nikita de Luc Besson : Armande, une instructrice du centre1990 : Alberto Express d'Arthur Joffé : la baronne1990 : La Femme fardée de José Pinheiro : la Doria1991 : L'Amant de Jean-Jacques Annaud : voix de la narratrice1991 : La Vieille qui marchait dans la mer de Laurent Heynemann : Lady M1991 : Jusqu'au bout du monde (Bis an Ende der Welt) de Wim Wenders : Edith Farber1991 : Le Pas suspendu de la cigogne (To meteoro vima tou pelargou) de Theo Angelopoulos : la femme1991 : Anna Karamazoff de Roustam Khamdamov : la femme1992 : Cœur de métisse (Map of the Human Heart) de Vincent Ward : Sœur Bainville1992 : À demain de Didier Martiny : Tété1992 : L'Absence (Die Abwesenheit) de Peter Handke : la femme de l'écrivain1992 : Les Arpenteurs de Montmartre de Boris Eustache : uniquement interprète des chansons1993 : Je m'appelle Victor de Guy Jacques : Rose1993 : Un certain jour de juin (A Foreign Field) de Charles Sturridge avec Alec Guinness, Geraldine Chaplin, Lauren Bacall : Angélique TV1993 : François Truffaut, portraits volés - documentaire - de Serge Toubiana et Michel Pascal : témoignage1995 : Les Cent et Une Nuits de Simon Cinéma d'Agnès Varda : la première ex-épouse de M. Cinéma1995 : Par delà les nuages (Al di la delle nuvole) de Michelangelo Antonioni et Wim Wenders : l'amie1995 : Faire un film, pour moi c'est vivre d'Erica Antonioni : elle-même1995 : I Love You, I Love You Not de Billy Hopkins avec Claire Danes, Jude Law : Nana1995 : L'Univers de Jacques Demy - documentaire - d'Agnès Varda : elle-même1997 : La Propriétaire (The proprietor) d'Ismail Merchant : Adrienne Mark, romancière1997 : Un amour de sorcière de René Manzor : Eglantine1997 : Amour et Confusions de Patrick Braoudé : Libra1998 : À tout jamais (Ever after) d'Andy Tennant : la grande dameAnnées 20002000 : Lisa de Pierre Grimblat : Lisa, âgée + chanson L'homme d'amour2000 : Le Manuscrit du prince (Il manoscritto del Principe) de Roberto Andò : Alexandra von Wolff-Stomersee2000 : Les Femmes de Fassbinder (Fassbinder woman - Fur mich gab's nur noch Fassbinder) - documentaire de Rosa von Praunheim : elle-même2002 : Cet amour-là de Josée Dayan : Marguerite Duras2002 : The Will to Resist de James Newton : Johanna 19892002 : La Petite Prairie aux bouleaux de Marceline Loridan : elle est uniquement la scénariste du film.2004 : Akoibon d'Édouard Baer : Mme Paule2005 : Le Temps qui reste de François Ozon : Laura2005 : Go West d'Ahmed Imamovic : la journaliste2006 : Sortie de clown - court métrage - de Nabil Ben Yadir2006 : Roméo et Juliette d'Yves Desgagnés : Laurence2007 : Chacun son cinéma : épisode Trois minutes de Théo Angelopoulos : elle-même2007 : Désengagement d'Amos Gitai : Françoise2009 : Plus tard tu comprendras d'Amos Gitai : Rivka2009 : Visages de Tsai Ming-liang : JeanneAnnées 20102012 : Gebo et l'ombre de Manoel de Oliveira : Candidinha2012 : Une Estonienne à Paris de Ilmar Raag : Frida2015 : Le Talent de mes amis d'Alex Lutz : La grand-mère de Thibault RedingerRéalisatrice1976 : Lumière, (également actrice)1979 : L'Adolescente (réalisation, scénario, adaptation et dialogue)Télévision1974 : La Chevauchée sur le lac de Constance de Claude Régy1975 : Jean Genet, saint, martyr et poète de Guy Gilles1983 : L'Intoxe de Guy Seligman : Marie-Pierre1984 : L'Arbre de Jacques Doillon : Camille, la grand-mère1984 : Huis clos (pièce de Jean-Paul Sartre sur BBC1)1985 : Vicious circle de Kenneth Ives1985 : Vivement Truffaut - documentaire - de Claude de Givray : elle-même1986 : La Mise au point - Le Tiroir secret de Nadine Trintignant : Vivi1986 : The Last Seance de June Wyndhazm-Davies : Mme Exe1990 : Ennemonde - Ami Giono de Claude Santelli : Ennemonde Girard1991 : The Full Wax de (?)1992 : Le Temps et la Chambre de Patrice Chéreau : voix off1992 : Injustes noces (Clothes in the Wardrobe) ou (The Summer House) de Waris Hussein : Lili1995 : La grande Catherine (Katharina die Große) de Marvin J. Chomsky et John Goldsmith : Elisabeth1995 : La Belle Époque de Gavin Millar : la narratrice1997 : Ruby de Peter Orton : elle-même1999 : Balzac - Tourné en deux époques de 90 min - de Josée Dayan : Charlotte Laure2000 : Les Misérables de Josée Dayan : Mère Innocente2001 : Zaide, un petit air de vengeance de Josée Dayan : Anna Shermann2002 : Les 13 vies du chat Lelouch - Documentaire - d'Isabelle Clarke : elle est elle-même dans le scopitone de la chanson "Où vas-tu Mathilde"2003 : Les Parents terribles de Josée Dayan : Léo2004 : La Comtesse de Castiglione de Josée Dayan : la princesse Sissi Altière2005 : Les Rois maudits de Josée Dayan : Mahaut d'Artois dans les épisodes : Le Roi de fer, La Reine étranglée, Les Poisons de la couronne, La Louve de France, Le Lis et le Lion2007 : Sous les vents de Neptune de Josée Dayan : Josette2008 : Château en Suède de Josée Dayan : Agathe Falsen2011 : Bouquet final de Josée Dayan : Marie2011 : La Mauvaise Rencontre de Josée Dayan : Gaby2013 : La Collection Jeanne Moreau (5 courts-métrages pour Canal+) de Sandrine VeyssetDoublage2009 : Kérity la maison des contes de Dominique Monféry : ÉléonoreVoix off de documentaires1959 : Matisse où le talent du bonheur - court métrage, documentaire - de Marcel Ophuls1988 : Hôtel Terminus (Klaus Barbie, His Life and Time) - documentaire de Marcel Ophuls1992 : L'Architecture du chaos de Peter Cohen1993 : It's All True de Richard Wilson, Myron Meisel, Bill KrohnJeu vidéo2000 : Genesys [archive] - Jeux vidéo pour PC : narratriceRadio1953 : Le Hussard sur le toit - adaptation radiophonique - André Bourdil d'après le roman de Jean Giono1970 (9 septembre) sur France-inter, Radioscopie - Interviewée par Jacques Chancel2007 sur France Culture pour le Festival d'Avignon : Quartett, reprise des Liaisons dangereuses2014 sur France Culture : Eva ne dort pas, scénario de Pablo Agüero, Grand prix Sopadin du meilleur scénariste.DiscographieAlbums[afficher]1963 : Chante 12 chansons de Cyrus Bassiak [afficher]1966 : Chante 12 nouvelles chansons de Cyrus Bassiak [afficher]1967 : Les chansons de Clarisse [afficher]1969 : Jeanne chante Jeanne [afficher]1981 : Chante Norge [afficher]2010 : Le Condamné à mort Bandes originales1962 : Le Tourbillon : pour Jules et Jim de François Truffaut1964 : Embrasse-moi  : pour Peau de banane de Marcel Ophuls1975 : India Song : pour le film éponyme de Marguerite Duras1982 : Each Man Kills the Thing He Loves pour Querelle de Rainer Werner FassbinderParticipationRécitante sur un enregistrement de 1994 où elle est accompagnée par Jean-Marc Luisada au piano : Poulenc : l'Histoire de Babar ; Satie : Sports et Divertissements...2009 - On n'est pas là pour se faire engueuler !, album hommage à Boris Vian. Que tu es impatienteThéâtre[afficher]▼ Théâtre ▼ Box-office en FranceQuestion book-4.svgCette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2017). Jeanne Moreau est l'une des actrices les plus prolifiques au box-office français accumulant un total de près de 100 millions d'entrées. Voici les 27 films de l'actrice ayant dépassé les 1 000 000 d'entrées en France totalisant près de 73 millions d'entrées.Année Titre Nombre d'entrées (France)Récompenses et nominationsFestival de Cannes1960 : Prix d'interprétation féminine pour Moderato cantabileCésar1987 : Nomination pour le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Le Paltoquet1988 : Nomination pour le César de la meilleure actrice pour Le Miraculé1992 : César de la meilleure actrice pour La Vieille qui marchait dans la mer1995 : César d'honneur2008 : César d'honneur (qu'elle transmet à Céline Sciamma et son équipe pour le film Naissance des pieuvres)Oscar1998 : Oscar d'honneurMolière1987 : Nomination pour le Molière de la comédienne pour Le Récit de la servante Zerline1988 : Molière de la comédienne pour Le Récit de la servante Zerline1980 : Prix du Brigadier pour L'Intoxe de Françoise Dorin, Théâtre des VariétésFrançois Truffaut, né le 6 février 1932 à Paris et mort le 21 octobre 1984 à Neuilly-sur-Seine, est un cinéaste français, initialement critique de cinéma de la revue les Cahiers du cinéma, puis figure majeure de la Nouvelle Vague. Réalisateur et scénariste, il a aussi été producteur et est apparu comme acteur dans divers films. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le cinéma.François Truffaut naît le 6 février 1932 de père inconnu. Sa mère, Jeanine de Monferrand, secrétaire au journal L'Illustration, confie son bébé à une nourrice, au terme d'une grossesse cachée[réf. nécessaire].Sa mère épouse le 9 novembre 1933 Roland Truffautnote 1, dessinateur1 dans un cabinet d'architecte-décorateur, qui reconnaît l'enfant à l'état civil. Celui-ci est confié le plus souvent à sa grand-mère, Geneviève de Monferrand, qui habite rue Henry-Monnier dans le 9e arrondissement de Paris2.François Truffaut va à l'école maternelle de la rue Clauzel3 puis au lycée Rollin, avenue Trudaine, théâtre de ses premiers « 400 coups ».Dès 1939, le jeune François Truffaut, passionné de lecture, fréquente aussi les cinémas, le soir et souvent pendant les heures de classe. Il collectionne près de trois cents dossiers constitués d'articles de journaux découpés et de photographies volées dans les cinémas1 sur les cinéastes, Renoir, Gance, Cocteau, Vigo, Clair, Allégret, Clouzot, Autant Lara… En 1943, il trouve un complice de ces escapades en son voisin de classe de l'école de la rue Milton, Robert Lachenay1.À douze ans, en 1944, il retrouve définitivement le deux pièces de ses parents, 33 rue de Navarin. Il n'a pas de chambre et dort dans le couloir. Ses parents passent habituellement leurs week-ends à Fontainebleau, sans lui4. La découverte du journal de son père lui apprend la vérité sur sa naissance1.L'adolescence mal aimée de l'après guerre (1945-1948)Roland Lévy, au centre, en août 1930. François Truffaut ne trouvera son père biologique qu'en 1968 à la suite d'une enquête de détective.À partir de 1946, ayant quitté l'école, il vit de petits boulots, coursier, magasinier, soudeur à l'acétylène dans une usine3, puis grainetier1. Il découvre le cinéma américain avec son ami Robert Lachenay, fréquente assidûment les cinéclubs et finit par rencontrer le critique de cinéma André Bazin qui anime un Centre d'initiation cinématographique dans le cadre d'un programme gouvernemental, Travail et Culture.Encouragé par celui-ci, il ouvre un ciné-club, Cinéaste, en 1948 avec Lachenay, dans une salle du boulevard Saint-Germain1. Le programme mirifique de la seconde séance n'est pas honoré et les billets doivent être remboursés. L'affaire finit au poste. Le beau-père de François Truffaut fait l'objet d'une enquête de police qui amène le commissaire à décider de placer l'adolescent dans le Centre d'observation des délinquants mineurs de Villejuif1.Le cinéaste transposera les épisodes de cette enfance, où la littérature aura été une évasion salutaire, dans Les Quatre Cents Coups à travers le personnage autobiographique d'Antoine Doinel. Quand celui-ci « sèche » son cours de gymnastique pour lire La Recherche de l'absolu5, c'est le jeune Truffaut grand lecteur de Balzac qui ressurgit. De même dans Baisers volés, le héros nourrit un amour de roman pour le personnage de Fabienne Tabard, jusqu'à ce que celle-ci le rappelle à une réalité moins bourgeoise et plus subversive : « Moi aussi, dit-elle, j’ai lu Le Lys dans la vallée, mais je ne suis pas Madame de Mortsauf et vous n’êtes pas Félix de Vandenesse6. »Entre écriture et cinémaCritique à l'ombre de Bazin (1949-1955)À sa sortie des cinq mois de maison de redressement, en 1949, André Bazin le fait travailler à la section cinématographique de Travail et Culture3 et lui ouvre les portes de quelques magazines. Truffaut rédige ses premiers articles dès 1950 mais à la suite d'une déception amoureuse, déception infligée par celle qui deviendra le personnage de Colette, François s'engage dans l'armée en 1951 pour se faire tuer en Indochine1. Envoyé en Allemagne, il prolonge une permission à Paris au-delà du terme de celle-ci, et fait de la prison militaire pour désertion. Grâce à André Bazin il se fait réformer pour instabilité caractérielle, Bazin l'héberge chez lui, à Bry-sur-Marne, et lui trouve, en 1952, un poste au service cinématographique du ministère de l'Agriculture. Son contrat de quelques mois n'est pas renouvelé3.François Truffaut publie des articles dans les Cahiers du cinéma puis entre à la revue Arts en 19533. Au sein de ces revues, il forme avec Claude Chabrol, Jacques Rivette, Jacques Demy, Éric Rohmer, Jean-Luc Godard la jeune garde autour d'André Bazin. En 1954, il publie dans les Cahiers « Une certaine tendance du cinéma français », un texte pamphlétaire contre les cinéastes de « qualité française ». L'article vise notamment les scénaristes Jean Aurenche et Pierre Bost, et le réalisateur Claude Autant-Lara7,8. Il défend le cinéma d'auteur contre le cinéma de consommation9 avec une grande intransigeance, dogmatisme de jeunesse qu'il confiera regretter dans des propos recueillis en 1984 par Bert Cardullo10.Il réalise un bout d'essai, Une visite, son premier film, et a l'idée d'un scénario qui deviendra À bout de souffle. L'année suivante, en 1955, il réalise ses premières interviews d'Alfred Hitchcock, et publie, à côté d'un hommage dévot à Jean Cocteau, une nouvelle, Antoine et l'orpheline, dans la revue La Parisienne3.Roché et l'assistant de Rossellini (1956)En 1956, il est embauché comme assistant du réalisateur Roberto Rossellini, « l'homme le plus intelligent que j'aie connu », pour trois films3 qui n'aboutissent pas1.Il est déjà un lecteur assidu des romans policiers traduits en français de William Irish quand Henri-Pierre Roché, qui le connaît par les Hussards de la revue La Parisienne11, l'invite dans sa maison de Meudon. Le collectionneur a remarqué un des articles12 du critique où celui-ci parle, en termes pertinents et élogieux, de son livre Jules et Jim, premier roman alors sans succès. Le jeune homme de vingt quatre ans est fasciné par l'écriture cinématographique de l'élève de Peter Altenberg.De son côté, l'ex Dada, ami des surréalistes, est à la recherche d'un héritier spirituel par lequel il puisse transmettre une « morale neuve » affranchie des contraintes morales et sociales. Le romancier a commencé de tirer un scénario de son Jules et Jim et projette d'en faire autant de ses Deux Anglaises et le continent. Il cherche son cinéaste et incite le jeune homme à réaliser des films d'après ses deux romans. Truffaut s'y emploiera après la mort de l'écrivain, à partir des archives manuscrites prêtées par la veuve13,note 2.Les deux hommes, à une génération d'écart, partagent la même expérience adolescente d'une amitié gémellaire fondée sur l'échange des femmes14, avec Jo Samarin pour Roché, Robert Lachenay pour Truffaut. Pour l'un et l'autre, cette éducation sentimentale a donné lieu à un travail d'écriture14. Une amitié, interrompue par la mort de l'écrivain trois ans plus tard mais exceptionnelle, naît entre eux autour de l'expérience de l'enfance, des femmes, de l'écriture.Cette rencontre conforte l'apprenti cinéaste dans la position qu'il défend avec violence contre le cinéma français de l'époque, dans les Cahiers du cinéma, celle qui prône le cinéma d'auteur et, dans la lignée des idées d'André Bazin1, la narration subjective qui jette un regard objectif, en usant de la profondeur de champ et du plan séquence, tout en respectant la continuité du cours de la vie. Truffaut trouve dans l'écriture impressionniste de Roché l'idéal littéraire dont il fera son propre procédé cinématographique, celui de l'ellipse jusqu'au vif essentiel tel qu'il saura l'exprimer en 1973 dans son art poétique qu'est La Nuit américaine :« Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse. Il n'y a pas d'embouteillages dans les films, il n'y a pas de temps morts. Les films avancent comme des trains, tu comprends ? Comme des trains dans la nuit. »Jules et Jim, roman de la révolution sexuelle, restera son livre de chevet, relu au moins deux fois par an.Producteur de cinéma (1957-1958)François Truffaut se marie le 29 octobre 1957 avec Madeleine, fille d'Ignace Morgenstern, propriétaire de la société de distribution cinématographique Cocinor3. Il en aura deux filles, Laura, née le 22 janvier 1959, et Éva, née le 28 juin 1961. Avec les fonds de son beau père, il se lance dans la réalisation et fonde une société de production, Les Films du Carrosse, ainsi nommée en hommage à Jean Renoir et son film Le Carrosse d'or.Comme par un renoncement à la carrière d'écrivain, qu'il ne cessera d'envier et de célébrer à travers ses films, il adapte le roman d'un autre collègue de la revue La Parisienne, le jeune Maurice Pons. Les Mistons3, court-métrage narrant l'errance d'une bande d'adolescents qui regardent et tracassent un couple d'amoureux15, sort en 1958.Comme la plupart de ses camarades de la nouvelle vague, c'est sans expérience professionnelle que Truffaut se lance dans la réalisation. Son expérience d'assistant réalisateur de Rossellini ne l'a guère formé. L'assistant réalisateur est en effet le plus souvent cantonné à des taches subalternes et est constamment empêché de voir comment le film se fait10. Sa conception du métier est moins celle d'un technicien du cinématographe que celle d'un auteur, à l'instar de Cocteau, s'exprimant par images et scènes dialoguées. Selon lui, il est possible d'apprendre plus en regardant des milliers de films et en rédigeant des critiques à leur propos qu'en étant assistant d'un réalisateur. À la différence d'un Jean-Luc Godard, il ne prétend pas faire une révolution dans le cinéma et conserve une conception classique de la manière de faire des films. Il prétend surtout faire des films personnels et sincères10.En 1958, il est interdit de festival de Cannes, sans doute à cause des critiques virulentes qu'il a publiées.La Nouvelle vagueLe début de la saga Antoine Doinel (1959)En 1959, Truffaut tourne Les Quatre Cents Coups. Le film avait d'abord été imaginé comme un court métrage d'une vingtaine de minutes qui se serait intitulé Antoine prend la fuite. L'intrigue était alors centrée sur l'épisode où Antoine, après avoir fait l'école buissonnière, raconte à son instituteur que sa mère est morte et prend la fuite après que ses parents ont découvert son mensonge. Pour le scénario du long métrage, Truffaut collabore avec Marcel Moussy10. Il recrute Jean-Pierre Léaud dans le rôle d'Antoine Doinel après avoir passé une annonce dans le quotidien France-Soir10.Le film remporte le prix de la mise en scène au festival de Cannes la même année et devient un succès, ouvrant la porte au mouvement de la Nouvelle Vague et à sa carrière mondiale. Avec 3,6 millions d'entrées, le film est un immense succès public16.Le personnage d'Antoine Doinel réapparaîtra en 1962 avec Antoine et Colette, court métrage réalisé dans le cadre du film collectif L'Amour à vingt ans. Le film montre Antoine Doinel en adolescent timide, qui aime maladroitement une jeune fille, Colette, jusqu'à ce qu'il s'aperçoive qu'elle en aime un autre17.Truffaut retrouvera Jean-Pierre Léaud et le personnage d'Antoine Doinel dans Baisers volés en 1968. Avec Claude de Givray et Bernard Revon, il imagine la vie d'un jeune homme d'une vingtaine d'années qui rentre du service militaire et se cherche un métier. Il est à la fois romantiquement amoureux d'une jeune fille de son âge, Christine (Claude Jade), et fasciné par une femme mariée, Mme Tabard (Delphine Seyrig)10.Dans Domicile conjugal (1970), Truffaut racontera la vie conjugale du couple Antoine et Christine Doinel. Le film rassemblera un million de spectateurs18.Truffaut réalisera le dernier épisode de la saga « Antoine Doinel », l'Amour en fuite en 1979. Le film raconte la séparation du couple Antoine et Christine et contient en flashback des scènes issues des films précédents. Truffaut exploite ici le privilège rare d'avoir pu filmer le même acteur à différents âges de la vie10. Avec 430 000 entrées, le succès public est mitigé19.Des succès en plus de Doinel et un échec (1960-1967)Le succès des Quatre Cents Coups en 1959 permet à Truffaut l'année suivante de venir au secours (via Les Films du Carrosse) de Jean Cocteau, à court de producteur durant le tournage du Testament d'Orphée3. La même année, il signe le Manifeste des 1213.Après Les Quatre cents coups, Truffaut filme Charles Aznavour et Marie Dubois dans Tirez sur le pianiste, adaptation d'un roman noir de David Goodis. Il y fait le portrait d'un pianiste raté et ravagé par le doute20. Pour la musique, il s'adresse au compositeur Georges Delerue, élève de Darius Milhaud qui a écrit la musique de Hiroshima mon amour et écrira pour d'autres celles du Mépris et de Diên Biên Phu. Entre eux naît une grande complicité, amitié qui se traduira par une collaboration renouvelée.Comme souvent dans sa carrière, Truffaut réalise le film en réaction à son film précédent. Alors que Les Quatre Cents Coups était un film très « français », Tirez sur le pianiste est plus influencé par le cinéma américain. Le film est aussi fait en réaction à sa nouvelle notoriété. Truffaut, qui vient de passer brutalement de l'ombre à la lumière avec le succès fulgurant des Quatre Cents Coups, raconte ici l'histoire d'un homme qui passe de la célébrité à l'anonymat10. Le succès de son précédent film a paradoxalement déçu Truffaut qui voit son film apprécié par des gens qui n'aiment pas vraiment le cinéma. En réaction, il souhaite faire un film pour cinéphiles21. Le résultat est un échec commercial et Truffaut cesse de soutenir « les copains »14. La rupture et les insultes l'affectent profondément14Truffaut le 15 mars 1965, quelques mois après son divorce, à Amsterdam lors d'un festival Nouvelle Vague devant le Cinétol, où est donné Le Beau Serge de Claude Chabrol.Son troisième film, Jules et Jim, adapté du roman homonyme d'Henri-Pierre Roché, raconte l'histoire d'un pur amour à trois22. Le film est de nouveau un grand succès public avec 1,5 million d'entrées23. À partir de là, ses films sont vendus à l'étranger par Alain Vannier. Avec ses trois premiers longs métrages, François Truffaut s'est déjà imposé comme un grand réalisateur24. En 1963, Les Films du Carrosse coproduisent Mata Hari, agent H 21, et Truffaut participe à la rédaction des dialogues et du scénario3.Il a avec l'actrice Liliane David une liaison, dont il s'inspire en 1964 pour le film La Peau douce. Il divorce la même année de Madeleine Morgenstern. Séducteur compulsif dès le soir tombé, comme il s'est trouvé décrit dans le journal d'Henri-Pierre Roché qui lui inspirera l'idée de L'Homme qui aimait les femmesnote 3, Truffaut est en effet amoureux de toutes ses vedettes fémininesnote 4 comme autant d'icônes :« Le travail du metteur en scène consiste à faire faire de jolies choses à de jolies femmes25. »La célébrité redoublée par Jules et Jim lui vaut, en 1965, d'être le sujet exclusif d'une émission de télévision, Cinéastes de notre temps3. Il réalise l'année suivante Fahrenheit 451, film de science-fiction et apologie de la littérature adapté du célèbre roman de Ray Bradbury26 dont le rôle principal est initialement prévu pour Paul Newman et Terence Stamp.Révolution personnelle et scission (1968-1970)Carte d'un adhérent du Comité de défense de la Cinémathèque française signée par le trésorier, F. Truffaut.En février 1968, Truffaut prend la défense d'Henri Langlois, que les autorités veulent démettre de ses fonctions de directeur de la cinémathèque française27,3. Il se retrouve à la tête du Comité de défense de la Cinémathèque27.Truffaut engage un détective privé pour retrouver son père biologique27. Il découvre qu'il s'agit de Roland Lévy, un dentiste né à Bayonne en 1910 de Gaston Lévy et de Berthe Kahn.[réf. nécessaire] C'est un descendant, du côté paternel, d'une famille séfarade portugaise réfugiée à Bayonne dès le xviie siècle, les Lévi Alvarès. Durant l'entre-deux-guerres, Roland Lévy poursuit des études à Paris, où il habite rue de la Tour-d'Auvergne. C'est là qu'il fréquente Janine de Montferrand, qui met au monde leur fils hors mariage. À l'arrivée des troupes allemandes, il part pour Troyes et échappe aux décrets contre les juifs. Il épouse Andrée Blum en juillet 1949. En 1954, il ouvre un cabinet dentaire dans le centre-ville de Belfort, boulevard Carnot. En 1959, le couple se sépare après avoir eu deux enfants28,29.Au cours de cette même année 1968, Truffaut fait une demande en mariage à la famille de son actrice préférée et sa cadette de seize ans, Claude Jade, « la petite fiancée du cinéma », encore mineure, qui a tourné dans Baisers volés. Mais il ne se présente pas à la cérémonie, fuyant un second mariage dans ses activités professionnelles et politiques liées à l'affaire Langlois. [réf. nécessaire]La question de l'engagement politique du cinéaste lors de mai 68 est l'occasion d'une scission entre les anciens amis de la Nouvelle Vague, François Truffaut défendant la position modeste d'un homme accomplissant sans hypocrisie son métier à l'adresse du spectateur plutôt qu'au service d'une cause que celui-ci n'a pas achetée avec son billet.[réf. souhaitée] Truffaut et Claude Jade resteront d'excellents amis et il la fera tourner dans Domicile conjugal en 1970 et L'Amour en fuite en 1979.En 1969, François Truffaut réalise La Sirène du Mississipi avec Catherine Deneuve et Jean-Paul Belmondo. Le public est à nouveau au rendez-vous avec 1,2 million d'entrées30. À partir de ce tournage, le cinéaste entretient avec sa vedette féminine une histoire d'amour discrète. Il réalise ensuite L'Enfant sauvage, « le plus anthropologique de ses films31. ». Le film rassemble 1,4 million de spectateurs32.La rupture avec Catherine Deneuve à la fin de l'année 1970 plonge l'homme à femmes qu'est François Truffaut dans une dépression grave33. Le second roman d'Henri-Pierre Roché, Deux Anglaises et le continent, est le seul livre qu'il emmène à la clinique, où il est soigné par une cure de sommeil.Gloire interrompueLes films de la maturité (1971-1976)Truffaut retrouve l'œuvre d'Henri-Pierre Roché en 1971 et porte à l'écran le second roman de l'auteur, Les Deux Anglaises et le continent. Le succès public est moins grand (400 000 entrées en France)34.Dans Une belle fille comme moi, il raconte l'histoire d'un sociologue, incarné par André Dussollier, fasciné par son objet d'étude, la criminelle Camille Bliss (Bernadette Lafont). À l'encontre de toute morale, Camille Bliss fait accuser le sociologue du meurtre de son compagnon et échappe à la prison tandis que le sociologue termine enfermé en prison. Le film rassemble 680 000 spectateurs35.Avec La Nuit américaine, François Truffaut réalise un film sur le cinéma à l'ancienne. Il y montre un film en train de se faire et incarne lui-même le rôle du réalisateur tandis que Jean-Pierre Léaud incarne l'acteur principal du film. Le film rassemble 820 000 spectateurs36. En 1973, à l'occasion de la sortie de La Nuit américaine, il se brouille définitivement avec Jean-Luc Godard par lettres interposées37,38,39.En 1975, il réalise L'Histoire d'Adèle H. avec Isabelle Adjani dans le rôle-titre. Le film rassemble 750 000 spectateurs40.Après Les Quatre Cents Coups et L'Enfant sauvage, il revient au thème de l'enfance avec L'Argent de poche (1976). Le film rencontre un grand succès public (1,8 million d'entrées)41.Fasciné par le journal intime d'Henri-Pierre Roché, François Truffaut demande à Michel Fermaud de lui confier des anecdotes pour le scénario de L'Homme qui aimait les femmes. Le film sorti en 1977 rassemble 950 000 spectateurs en salles42.Il réalise ensuite un film sur la mort, La Chambre verte, adapté du roman L'Autel des morts de l'écrivain américain Henry James. Il y incarne un personnage étrange et hanté par la mort, qui préfère la compagnie de ses amis morts à celle des vivants. Le film déroute le public (150 000 entrées)43.Le cinéaste populaire (1977-1982)En 1977, il accepte de jouer dans Rencontres du troisième type de Steven Spielberg, dans le rôle du scientifique français Lacombe (inspiré de Jacques Vallée). Spielberg est en effet un grand passionné de la filmographie de Truffaut et veut absolument que ce dernier vienne jouer dans son film. Comme Truffaut n'est pas parfaitement bilingue, Spielberg accepte qu'il parle en français et que ses propos soient traduits par un collègue dans la version originale.Le Dernier M

Write a review

Note: HTML is not translated!
    Bad           Good
  • Views: 1
  • Product Code:
  • Availability: In Stock
0 Product(s) Sold
  • $0.00
  • Ex Tax: $0.00